A la découverte de la Réunion - Partie 3

Le Piton des Neiges - Etape 2

2h30, le réveil sonne au Refuge du Piton des Neiges. Après une nuit un peu courte on se rend compte qu’il pleut encore. On part ? On ne part pas ? On se décide à partir sous la pluie. On n’a pas fait tout ce chemin pour rien bon sang.  On espère tous secrètement que le temps va se dégager. Lors de la montée nous croisons plusieurs groupes qui redescendent et qui ne nous motivent pas du tout ! Mais on s’en fout on le tente quand même. A quelques centaines de mètres du sommet le ciel se dégage. Nous voyons la voie lactée et toutes ses étoiles. L’expédition reprend du poil de la bête. Mais, quelques mètres plus haut nous retombons dans les nuages. Nous prenons un coup derrière la tête. Mais on continue quand même, personne ne râle (même pas moi, c’est dire…). Et finalement le spectacle au sommet est magnifique, incroyable. Nous ne voyons…

 

…RIEN ! QUE DALLE !

 

Les nuages ne partent pas du tout. Il fait froid, il pleut, il y a du vent, il n’y a aucun moyen de se protéger. Nous sommes tous déçus mais on se fait une petite photo histoire d’avoir le souvenir qu'on l’a fait.

WE DID IT !

Après notre ascension nous redescendons direction le refuge afin de faire une halte pour le petit déjeuner. Le temps ne s’améliore pas. Petit aperçu :

Pas mal la météo n’est-ce pas ?

Après un petit déjeuner bien mérité nous repartons pour 1000 mètres de dénivelé négatif. Le début se passe bien mais au fur et à mesure de la descente nos jambes nous lâchent. La fin de la descente est terrible. On ne sent plus nos jambes, elles tremblent, on ne voit pas le bout. Bizarrement je commence à devenir de moins en moins agréable au fil de la descente…

“Flo regarde on voit la route !!

- Ferme là, on la voit depuis une heure cette route

- Flo, il nous reste l’équivalent de 48 étages (merci Brieuc)

- Il va pas la fermer avec ces étages lui ?!”

Je comprends le désespoir des trois filles que nous avons croisées la veille…. Après quelques insultes (proférées principalement par votre serviteur…Sans doute un moyen de motiver les autres…), nous arrivons enfin au bout. Nous sommes tous fiers de nous, d’avoir réussi cette ascension et cette descente. On a galéré mais bizarrement on ne garde tous que de très bons souvenirs de cette expédition. Rémi nous oblige alors à nous étirer. Étirements compensés par les bouchons de récompense que Brieuc a pris le temps d’aller nous chercher…

Ca ne sent plus ses jambes mais tout le monde est content

Après les étirements nous retournons à Saint-Leu. Nous faisons preuve d’un soutien sans faille à l’égard du conducteur et c’est pourquoi, avec Maureen, nous commençons notre sieste, laissant le pauvre Rémi seul au volant. Une fois arrivés, nous mettons plus de temps à monter les escaliers qu’à s’endormir. Après notre petite sieste de trois heures nous sommes prêts pour l’apéro avec les proprios de notre Airbnb.

Le réveil du lendemain est difficile. Non pas à cause des 4 ti’ punchs ultra chargés de notre proprio, mais seulement à cause de nos douleurs dans les jambes. Je mets 10 minutes à descendre les 20 marches qui me séparent du rez de chaussée.

Durant notre apéritif de la veille, nos propriétaires nous ont indiqué un spot à faire absolument. Il n’en fallait pas plus pour motiver Rémi et nous voila, à 10h30, un lendemain de randonnée et de soirée “quelque peu” festive à arpenter les chemins de la côte Sud-Ouest de la Réunion pour arriver au point de vue attendu. Comme prévu, je râle, mais comme à chaque fois, ça valait le coup.

Après notre petite baignade matinale, nous partons en direction du Domaine du Grand Hazier à Sainte-Suzanne afin de visiter la vanilleraie. Comptez 5 euros pour une visite de 50 min.

Ensuite, nous prenons la route vers Saint André afin de visiter la distillerie Savanna. Au programme une découverte et une visite de la distillerie, le tout équipé d’un magnifique casque de protection. La Fashion week nous voila ! Au cours de la visite, notre guide va nous expliquer tout le processus de transformation de la canne à sucre pour passer de ce végétal à cette magnifique boisson qu’est le rhum. La fin de la visite se termine bien sûr, et vous l’aurez deviné, par une dégustation !! Comptez 9 euros par personne pour 1h30 de visite. A noter, il faut venir en pantalon et baskets, la visite se passant principalement sur le site industriel de la rhumerie.

Une fois la visite terminée, nous partons en direction des balançoires, un bar restaurant sur la plage de Saint-Gilles pour retrouver tous les copaings et profiter des couleurs du coucher de soleil !

Les artistes en pleine création…

On s’envoie en l’air ?

Jeudi 16 décembre. Tout le monde dit que les courbatures arrivent deux jours après un gros effort. Et bien ces gens n’ont pas tort. Je pense mettre encore plus de temps que la veille pour descendre nos 20 marches d’escalier…Avec Maureen nous décidons de profiter de la piscine en se disant que nous allons pouvoir être tranquille et se reposer. C’était sans compter sur Rémi qui se décide à vouloir nous faire une petite séance d’aquagym…”Comment on enlève les piles la dessus bon sang!”.

“Oh ca vous dit de faire du parapente ?!

- Oh oui excellente idée !!!!

- Flo ?

- Ah bof bof (je me cherche des excuses toutes plus bidons les unes que les autres). Il y a eu un accident il y a deux jours les gars hein

- Bah justement, statistiquement il y a quasiment zéro chance qu’il y en ait un nouveau aujourd’hui ! Et puis on sera avec des moniteurs

- Ah ouai mais avec mes courbatures ca va être compliqué de courir pour décoller

- Ah nan nan vous avez pas besoin de courir pour décoller

(Euh, pourquoi notre proprio d’Airbnb s’y met aussi ?!)

- Bon OK je le fais, mais seulement si je peux prendre l'appareil photo ! (j’espère secrètement que ce ne soit pas possible…)

- Ah oui oui il n’y a pas de souci !”

Voila comment je me retrouve à prendre une place pour un vol en parapente, pour la première fois de ma vie. Nous allons voler avec Saint Leu Parapente pour un vol de 40 minutes environ. Comptez 100 euros par personne pour ce type de vol. Nous sommes censés voler à 12h15 mais des orages se forment en fin de matinée… “Tu vas voir que tu vas te prendre un éclair par la tronche avec la chance que tu as” me rassure une des petites voix dans ma tête.

Finalement, le temps se dégage, et nous partons sur les hauteurs de Saint-Leu rejoindre la zone de décollage. Nous avons de la chance, nous sommes 8 et nous allons tous voler ensemble. Un peu de stress avant le départ mais en effet, notre proprio avait raison, ce n’est pas forcément la peine de courir pour le décollage. Une fois en l’air la sensation est juste incroyable. Nous prenons les courants ascendants pour remonter en altitude et profiter encore plus de la vue. Quelle sensation de calme et de plénitude lorsque vous êtes là haut à profiter de cette vue incroyable. Je profite de ce moment pour immortaliser le moment avec l’appareil.

C’est alors que nous voyons d’autres tandems commencer à faire des acrobaties en l’air.

“ Si tu veux on peut faire ça nous aussi Florian

- Même pas en rêve, on va rester bien tranquille, tu calmes tes ardeurs et tu vas faire des loopings avec quelqu’un d’autre ! (Ceci est bien sur ce que je me suis dit dans ma tête… Je me suis contenté d’un “Non non ca va aller merci j’ai l’appareil photo ca serait dommage de l’abimer”).

Le vol se déroule parfaitement bien, je profite de la vue, le ciel est dégagé. Qu’est-ce que cette île est belle ! Après une bonne quarantaine de minutes de vol, on se dirige vers l’Océan afin de ne plus bénéficier des courants ascendants et pouvoir amorcer notre descente. On se rapproche gentiment du lieu d’atterrissage. Tout se passe bien jusqu’au moment où un petit coup de vent nous empêche de nous poser. Le moniteur décide d’aller se poser un peu plus loin sur la plage. Et c’est à ce moment là que, d’un commun accord avec moi même et mes nombreuses voix dans ma tête, nous décidons que ce n’est pas le lieu approprié pour se poser. Quand nous atterrissons je ne cours donc pas dans le sable, je bloque mes jambes et PAF, c’est la chute dans le sable…

Encore une fois, l’ambiance est tout de suite moins fun. Mais le moniteur est ultra cool et me dit juste “Bon la prochaine fois, tu feras ce que je te dis. OK chef !!"

Après notre petite aventure aérienne nous retournons faire les valises pour quitter notre Airbnb qui nous a accueilli pendant ces derniers jours afin de partir rejoindre les copaings dans un autre logement afin d’assister à la raison principale de notre venue sur l'île de la Réunion : Le Mariage d’Anael et Julie-Laure ! Deux journées off pour nous à profiter de la cérémonie et faire la fête comme il se doit !

Mafate

Après deux jours de festivités nous repartons dans nos aventures avec cette fois ci, le Cirque de Mafate. Au menu, une randonnée nous menant à Grand Place Les Hauts via la rivière des galets. Pour le début de la randonnée deux choix s’offrent à nous : marcher dans le lit de la rivière ou bien prendre un 4x4 pour se rendre directement au point de départ de la randonnée. Comme on est des guerriers, on opte pour le premier choix. 9h du matin, notre expédition de 10 aventuriers et aventurières est donc sur le chemin direction Mafate.

C’est parti direction Mafate !

Après quelques centaines de mètres nous devons traverser une première fois la rivière. Nous marchons sur les galets en file indienne pour ne pas se mouiller les chaussures. Parfait, chaussures intactes, on continue. Quelques centaines de mètres plus loin nous devons retraverser la rivière, le tout en voyant passer tous les 4x4 remplis par les groupes de randonneurs qui ont opté pour la seconde option. Nous traversons 6 fois la rivière, et plus nous la traversons plus les galets sont espacés et plus la traversée est difficile voire périlleuse. A la 7ème traversée, je perds patience et, en marmonnant un “bon allez ca me fait c**er” je traverse la rivière directement en marchant dans l’eau. Les chaussures, les chaussettes et les pieds sont désormais trempés… Un bon petit rappel de nos péripéties au Piton des Neiges. Au fur et à mesure des traversées les membres de l’expédition abandonnent un par un et nous nous retrouvons tous avec les chaussures pleines d’eau. Puis viens le moment où un 4x4 prend pitié de nous et nous embarque avec lui. Après quelques minutes on arrive au point de départ et on se rend compte, un peu rassurés, du nombre de traversées qu’on aurait du faire et que ce chauffeur nous a évité… On continue donc la randonnée et…. on doit encore traverser la rivière !!!! Sérieusement ?! Sans s’en rendre compte on a signé pour une randonnée aquatique. Midi, pause repas, pause baignade et pause séchage de chaussure. Hormis les traversées de la rivière quelques peu pénibles, le début de la randonnée n’est pas particulièrement difficile.

Après la pause on continue tranquillement jusqu’au moment où nous devons attaquer la montée finale… En réalité, sur les 740 mètres de dénivelé positif, 80% du dénivelé se fait à la fin. C’est un peu long, surtout en plein soleil. J’en viens presque à regretter notre randonnée sous la pluie au Piton des Neiges, c’est dire. Je commence à ronchonner dans ma barbe (étonnant…). Cette fois c’est Rémi qui prend, Micka, mon habituel punching ball d’insultes en randonnée, étant en train de s’occuper de sa chère et tendre. On arrive finalement à Grand Place - Ecole ! Victoire !!!

- Ah en fait le gîte est pas à Grand Place - Ecole les gars. Y’a une autre Grand Place…Grand Place Les Hauts…Et, comme son nom l’indique, c’est encore plus haut…






Bon et bien nous voila repartis pour la fin de la randonnée, à monter encore et encore. Et voila, finalement nous y voila ! On arrive enfin au Gite chez Marcel et Dominique. Et c’est le grand luxe ! On peut mettre sécher nos affaires, il y a de l’eau chaude et des douches ! On profite du coucher de soleil et du très bon repas cuisiné par nos hôtes. Comptez 55 euros par personne pour une chambre adulte.

Le lendemain matin, nous mettons le réveil pour profiter du lever de soleil. Ce n’est pas le plus beau du voyage, mais compte tenu de la randonnée de la veille il a une saveur particulière. Après le petit déjeuner nous attaquons la descente. Nous avons un peu peur, les prévisions météo ne sont pas très bonnes, on se dit qu’on va encore finir trempés, on ne traine donc pas. Nous croisons un autre groupe de randonneurs dont certains sont aussi photographes. Passant son voyage avec des photographes et pas peu fier de ses derniers acquis en terme de photo à nos cotés, Rémi se lance dans une longue discussion avec l’un d’entre eux. Discussion si intéressante que le brave monsieur continue de discuter encore et encore avec Rémi… si bien qu’il se trompe de chemin et se voit obligé de remonter quelques dizaines de mètres de dénivelé pour retrouver ses compagnons de route… Bravo Rémi !

Comme nous ne sommes pas partis trop tard on ne souffre pas trop de la chaleur et les 740 mètres de dénivelé se font plutôt bien. Au bout de 4 heures nous voila de retour au point de départ. Nous reprenons le 4x4 pour arriver sur le parking où nous avions laissé nos voitures. Et nous avons le plaisir et la joie, après deux jours de randonnée, de se rendre compte que nos voitures ont été fracturées. Vitres brisées, portes ouvertes. Par chance rien n’a été volé. Au début du voyage, nous nous étions moqués de Manon lorsqu’elle nous avait dit avoir lu sur des blogs que, sur les parking de randonnée, il valait mieux ne pas fermer les voitures pour indiquer qu’il n’y a rien à voler. Quoi comme, nous aurions mieux fait de l’écouter. Donc petit conseil, ne laissez rien dans vos voitures et laissez les portes ouvertes (enfin pas grandes ouvertes non plus hein, soyez pas stupides, juste ne fermez pas la voiture), et ne vous moquez pas des personnes qui vous donnent ce conseil.

La veille de notre départ nous partons profiter de la cote Est de l’île avec la routes des Laves, Saint-Anne et son église et Notre-Dame-des-Laves à Sainte Rose. Nous finissons la journée sur la plage de Grand Anse avec tous les copaings pour le dernier apéro et le dernier coucher de soleil du voyage.

Eruption au Piton de la Fournaise

Mercredi 22 décembre. Dernier jour du voyage. Nous voulons terminer en beauté avec le Piton de la Fournaise. Nous mettons le réveil à 3h15, ca pique un peu. On part et le ciel est rouge.

- C’est déjà le lever du soleil ?? A 3h15 ?! (Oui bon, avec un réveil si tôt le cerveau n’a pas le temps de se mettre en route et on peut avoir des réflexions un peu débiles.)

Et là, la sentence tombe. On reçoit un message d’Anael. “Bon visiblement le volcan est en éruption !” On est excité comme pas possible. Après 50 minutes de petites routes sinueuses (merci Waze…) on arrive au pas de Belcombe. On ne voit pas l’éruption. La porte permettant d’accéder à l’Enclos n’est pas fermée… On se décide donc à descendre pour aller voir l’éruption de plus près…Peut être pas l’idée du siècle (sélection naturelle tout ça), mais nous y sommes. Il pleut, il y a du vent mais on continue. Anael nous envoie alors un message “Au bas cratère dolomieu…”. Bon, du coup, on décide d’aller tout droit. On apprendra quelques minutes plus tard qu’Anael avait oublié d’appuyer sur le bouton envoyer…Nous n’avons donc jamais reçu le message “…tournez à droite”.

Après une heure de marche sous la pluie, sans voir aucune éruption nous décidons de faire demi tour, quelque peu déçus. Les gendarmes sont alors en train de fermer l’Enclos. On se réchauffe avec un petit café, le jour se lève et nous entendons les hélicoptères tourner pour prendre des photos. Je suis un poil jaloux.

Nous rentrons préparer nos valises pour le départ. Il pleut des cordes toute la journée, nous n’avons donc pas l’occasion de voir l’éruption. Mais on se dit tous que cela nous donne tout simplement une raison de plus de revenir.

20 heures, notre vol retour décolle. La tristesse de partir se mélange au bonheur d’avoir vécu cette dizaine de jours sur cette île magnifique et nous prenons tous rendez-vous pour revenir à la Réunion pour continuer de découvrir sa beauté.

A bientôt magnifique Ile de la Réunion !